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Creer et prendre son avenir en mainsCertains recherchent l’exceptionnel, l’extraordinaire, le grandiose. Il leur faut une réussite éclatante, la célébrité, la gloire. D’autres au contraire moissonnent dans le champ du quotidien, du banal, de l’ordinaire ; et ils s’en trouvent très bien...


L’action ne serait-elle pas le trait commun de ces existences accomplies ?

La Chance et le prix

le .

« Avoir un ou plusieurs enfants, et des petitsenfants ; réussir ce que j’entreprends ; triompher dans la discipline de mon sport, dans la branche de mon activité ; posséder de l’argent ; avoir du pouvoir financier, économique ou politique ; être désiré ; jouir dans une série d’instants présents ; être bon, juste, vertueux, rester digne jusqu’à la fin ; être beau ou ajouter de la beauté à ce monde ; me montrer fidèle à une vérité, à une idée, la suivre, la défendre et livrer mon corps, mon existence pour elle, me lier à quelque chose d’éternel ; être sauvé ; ne pas être oublié ; trouver la gloire authentique, l’honneur, la renommée ; rester conscient, lucide, critique et sans illusions ; être heureux, avoir été heureux ; profiter de chaque instant ; aimer ; avoir été aimé ; réaliser une oeuvre d’art ; donner forme à ce que je crois penser.

Voilà des objets. Voilà différentes fins de soi proposées par la société, par la vie à l’individu que je suis ; mais aucune ne tient. Car chaque solution de soi est une manière de me comprendre dans quelque chose de supérieur, de transcendant, qui me survivra, où je suis pris et par quoi je suis censé trouver mon sens ultime. Or, la chose que je suis soit se dissout dans quelque chose de plus vaste, soit demeure telle une chose plus petite dans une plus importante.

Il n’y a ni aboutissement ni sens absolu à ce que je suis, je le sais.
Il n’y a pas de salut parce que s’il est effectif, il ne me concerne plus et que s’il me concerne, il n’est plus effectif : il me résout en partie d’un ensemble.

 

Tristan Garcia « Forme et objet. Un traité des choses »
(extrait)

Qu’est-ce donc qu’une vie réussie ?

le .

La question serait peut-être fort bonne, à tout le moins amusante, mais elle n’appellerait que des réponses individuelles, si subjectives à vrai dire, qu’elles décourageraient à priori l’investigation. Il n’existerait aucun
modèle commun, aucun critère collectif permettant d’accéder en la matière à un minimum d’objectivité. Ne va-t-il pas d’ailleurs de soi que chacun est seul juge de lui-même comme du sens ou de la valeur de sa vie ?
De là l’extrême variabilité des points de vue, la diversité presque infinie des perspectives des vivants sur la vie.

Pour l’un, la réussite est avant tout une affaire personnelle liée à l’esprit de conquête. Elle s’investit dans la recherche de la célébrité, de l’argent, des succès amoureux... Mais elle peut tout aussi bien pour un autre prendre la forme de l’altruisme, d’un engagement dévoué pour un projet collectif, une grande cause supposée d’intérêt général. Un choix, plus modeste en apparence, peut encore conduire à la situer dans la simple sphère privée, dans les valeurs de l’amour, de l’amitié, de la famille ou, pourquoi pas, dans l’idéal d’une émancipation accomplie, dans l’aspiration à se rendre pleinement libre face aux autres comme à l’égard de ses propres démons, voire dans le souci de progresser tout au long de son existence, de parvenir à se « perfectionner » ou à se « dépasser » au point de façonner sa vie comme une oeuvre... Toutes ces réponses, et quelques autres encore, aussi diverses ou contradictoires soient-elles, sont par essence acceptables. On peut même les panacher dans des proportions variables, choisir un peu de l’une, un peu de l’autre, et ce simple constat n’est-il pas en lui-même suffisant pour disqualifier la question et faire retomber son intérêt ?

Cette objection tire sa puissance d’une atmosphère individualiste si prégnante que ces certitudes sont devenues pour nous comme une seconde nature. Il n’est pourtant pas sûr qu’il faille s’y fier sans réserve ni réflexion. Si l’on entend seulement rappeler qu’aucun modèle de réussite ne nous est aujourd’hui imposé de manière autoritaire, que chacun est libre de conduire sa vie comme il l’entend et de chercher son bonheur là ou il veut, on a bien sûr raison...


Luc Ferry « Qu’est-ce donc qu’une vie réussie ? »
(extrait)

Sur la finalité des entreprises

le .

... « Traditionnellement, mais aussi aujourd’hui d’une façon encore fort répandue, on pense que l’entreprise est simplement destinée à produire des richesses. En transformant des produits et en les commercialisant, elle en accroît la valeur marchande en même temps qu’elle crée le marché où circulent les nouvelles richesses, qu’elles soient fiduciaires ou matérielles.

... Dans une vision utilitaire de l’entreprise, le patron a fait le choix du combat technique, matériel et commercial, et il trouve dans ce choix sa propre justification. Il n’y aurait rien à ajouter : chacun est libre de se poser comme objet ou comme agent technique et mathématique dans un ensemble qui le dépasse. Il n’y aurait rien à ajouter si les problèmes et les difficultés ne s’accumulaient pas d’une manière souvent intolérable.

... Pour vaincre les obstacles et résoudre les difficultés il ne suffirait pas que le dirigeant d’entreprise adopte une attitude plus sage et moins ambitieuse dans ses projets et ses objectifs. La « sagesse », comme modération dans l’expansion permettrait de diminuer l’angoisse mais sans résoudre les problèmes qui la suscitent. La sérénité est préférable à l’inquiétude mais si les données et les perspectives restent les mêmes, la sagesse et la sérénité redeviennent des outils de la réussite, c’est-à-dire de simples instruments du rendement qui ne résoudront en rien ni les conflits, ni la question du partage des charges et des biens.

Le changement doit être beaucoup plus profond que la simple adoption d’une attitude stoïcienne ou ascétique. Ce changement doit d’abord concerner l’idée même qu’on se fait de l’entreprise et de ses finalités.

... Cette haute finalité est le bonheur même. Il réside dans la satisfaction profonde et permanente de réaliser son Désir et sa vie. Mais cette satisfaction, ce bonheur d’entreprendre resteraient simplement intellectuels s’ils ne reposaient pas sur l’expérience concrète de la jouissance et de la joie.

Il s’agit bien sûr de la joie de créer et de la jouissance d’accomplir un travail ou une tâche ayant un sens. La jouissance n’est plus coupable, dès lors qu’elle est maîtrisée, l’existence n’est plus un fardeau ou un hasard dès lors qu’elle est réfléchie, choisie et structurée.

Cette joie de créer comporte de multiples significations : le sujet personnel (chacun des sujets de l’entreprise) se réjouit de sa propre créativité et par là de l’autonomie fondatrice qu’il se confère à lui-même. Mais il se réjouit aussi de la reconnaissance que lui accordent ses compagnons et ses collaborateurs. Il se réjouit de l’amitié active en même temps que de la
création des biens et des richesses. Il peut aussi se réjouir de sa responsabilité personnelle et de la responsabilité sociale de l’entreprise : elle change la figure du monde et elle se crée des obligations en même temps qu’elle accroît, pour elle et pour ses clients, la jouissance de vivre... »


Robert Misrahi in « Le bonheur d’entreprendre »
Polynôme (extrait)

Réussir ... autrement

le .

Ne sommes nous pas tous sensibles à cette notion ?


Il est actuellement de bon ton, dans certains milieux, de dénigrer la réussite matérielle etde traiter avec une certaine condescendance ceux qui paraissent obnubilés par l’obsession de l’accumulation. Qui donc aujourd’hui se risquerait à s’afficher en recherche unique de capitalisation ?

En opposition au quantitatif primaire, des hypothèses fort intéressantes tournant autour du développement personnel, d’une indispensable « qualité de vie » -outil nécessaire à toute démonstration en société- ont vu le jour et contribuent à alimenter et nourrir un fond culturel riche autour de l’apologie de la rupture, de la valorisation de la tangente, de la mise au pinacle de la solution alternative... Qui ne s’est réjoui devant l’excellent « être ou avoir » ?

Nombre d’événements viennent par ailleurs contredire l’expression d’une réussite matérielle. Régulièrement, et de façon cynique, divers faits nous rappellent que l’ascenseur social grimpe cran par cran mais peut parfois descendre avec une sauvage brutalité ; que cela peut frapper au hasard et plutôt selon des fragilités et des vulnérabilités… Il vaut donc mieux se prémunir. La sagesse populaire dirait « Mieux vaut en avoir trop ! C’est le meilleur moyen d’en avoir assez ».

C’est ainsi que nombre d’individus se retrouvent coincés dans cette équation basique, peu à peu ébranlés dans leurs convictions, acculés à des positions ou tête et pieds ne siègent pas au même endroit.

Allons-nous nous résigner à cet horizon bas et triste, à cette philosophie d’un consumérisme primaire et peureux ?

Des solutions existent ; il faut savoir les utiliser avec discernement, à la marge, en déclencheur, en détonateur, juste pour ouvrir des possibles... Le monde agricole est un excellent terrain d’expérimentation pour, au-delà des principes d’économie pure, faire vivre la dimension sociale, la dimension de
conservation et de promotion des espaces de l’immense patrimoine culturel dont elle est la dépositaire -le pire étant de traiter le problème dans une « dimension musée ». Mais, en la matière, il ne suffit pas d’aligner des mesures ; encore faut-il justifier d’une cohérence entre moyen, durée...

Réussir ... autrement Ne sommes nous pas tous sensibles à cette notion ?

Je m’appelle Henri

le .

Je me présente, je m’appelle Henri
Je voudrais bien réussir ma vie, être aimé
Être beau, gagner de l’ argent
Puis surtout être intelligent
Mais pour tout ça il faudrait que je bosse à
plein temps
Je suis chanteur, je chante pour les copains
Je veux faire des tubes et que ça tourne bien
Je veux écrire une chanson dans le vent
Un air gai, chic et entraînant
Pour faire danser dans les soirées de Monsieur Durand...


Daniel Balavoine « Je m’appelle Henri »

A propos

le .

Daniel Balavoine (1952 - 1986)


Palois d’origine, auteur-compositeur- interprète à la fois révolté et plein de tendresse, porté par sa voix de « cristal » il sera révélé au grand public
en 1979 par l’opéra rock Starmania.

Luc Ferry (né en 1951)


Agrégé de philosophie, docteur d’Etat en sciences politiques, enseignant, intellectuel très médiatique, tour à tour chroniqueur à l’Express, Ministre
de la Jeunesse de l’Education nationale et de la Recherche...

Tristan Garcia (né en 1981)


Normalien, spécialisé en philosophie, amateur de cinéma et de séries américaines, il publie en 2011 un traité philosophique intitulé Forme et objet. Un traité des choses qui révèle un grand métaphysicien confronté aux mystères des choses.

Robert Misrahi (né en 1926)


Professeur de philosophie éthique à la Sorbonne, philosophe, grand spécialiste de Spinoza, il publie de nombreux ouvrages consacrés pour l’essentiel à la question du bonheur. Philosophe de la démocratie
existentielle, humaniste moderne, hédoniste, indemne des modes et intact de compromissions...une pensée de toutes les résistances.