"Bullshits Jobs ("Boulots à la con")

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titre du dernier livre du professeur David GRAEBER qui écrit notamment : « Nous passons nos journées à rêver de ce que nous pourrions faire si nous avions du temps mais politiquement nous ne sommes pas prêts … Nos économies échouent à utiliser l’automotivation pour libérer les individus des « bullshits jobs » parce qu’elles sont incapables de concevoir une autre organisation où le travail tiendrait une place différente … Au cours des millénaires, nombre de sociétés sont parvenues à une organisation où l’occupation du temps libre n’était pas un problème ». A lire absolument (« Boulots à la con ») aux éditions « Les liens qui libèrent ».

Daniel COHEN (suite)

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Le professeur écrit également : « Le numérique capte la richesse et c’est le service de proximité qui tend vers la gratuité … La révolution numérique engage la même transformation pour la société de services dans son ensemble … Ce que les économistes appellent des rendements d’échelle ont un prix : une profonde déshumanisation de la société … Le numérique donne aux consommateurs

les moyens de s’auto-exploiter … L’enjeu est de faire émerger une nouvelle classe moyenne avec des personnes qui ne seront pas parmi les plus qualifiées ». Et l’économiste D. COHEN de nous rappeler que « nous sommes à un moment où s’instaurent de nouveaux rapports entre l’homme et la technique ; il faut donc retrouver de la respiration ».

Daniel COHEN et les contours de la civilisation numérique s'annonçant

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D. COHEN, Directeur du département d’économie de l’Ecole Normale Supérieure, vient de publier un ouvrage intitulé « Il faut dire que les temps ont changé » (chez Albin Michel). Dans ce livre passionnant, D. COHEN revient sur les 50 dernières années en analysant l’évolution des cultures, des comportements et des technologies qui nous ont fait basculer dans une nouvelle ère. Selon D. COHEN, « Le capitalisme n’est pas mort et il n’est pas devenu moral … Au travail à la chaîne et à la consommation de masse on est en train de substituer un nouveau système tout aussi déshumanisant, celui qui nous installe derrière nos tablettes et nos ordinateurs … »

Europa notre histoire

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ou l’héritage européen depuis HOMERE par deux universitaires, Etienne FRANCOIS et Thomas SERRIER pour qui « dans la construction européenne » c’est le rapport à l’histoire qui joue un rôle déterminant dans l’édification et la recherche de nouvelles solutions pour l’avenir de l’Europe. La question, ajoutent-ils, est de savoir « si le fait d’être à la fois le continent de l’histoire et le continent de la mémoire n’est pas un élément de l’identité ou de la conscience européenne ? »

De la ruine-mémorial à la ruine-trace

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Pour le professeur Stéphane MICHONNEAU « les ruines sont devenues, dans la seconde moitié du XXème siècle, des lieux privilégiés de la construction culturelle d’un évènement violent en traumatisme ». La conservation des ruines procède d’un choix politique. L’émergence d’un nouvel espace public et commémoratif européen et peut-être mondial fondé sur les ruines de guerre et, selon H. ROUSSO, « le signe d’une première forme de globalisation des rapports au passé ». Selon S. MICHONNEAU, on s’oriente vers une « histoire transnationale des mémoires de guerre » qui « devrait s’attacher à comprendre comment les concepts « d’expérience de guerre » ou de « martyr de guerre » ont contribué à niveler et à homogénéiser une culture européenne forcément variée ».

Un été indien pour la Vème République

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Pour le professeur Pierre AVRIL, « la présidence d’Emmanuel MACRON n’est pas une refondation mais une nouvelle étape dans l’évolution de la Vème République … Son élection présidentielle a été comme un été indien pour la Vème République que suivra cependant un nouvel hiver ». P. AVRIL espère qu’il ne sera pas trop rigoureux, tout en sachant, comme le souligne le professeur Philippe RAYNAUD « que nous devons nous résigner à ce que la Vème République ne soit pas la forme enfin trouvée que la démocratie française attend depuis la Révolution ».  Pour P. AVRIL « le Président est seul et peut-être surtout face aux citoyens dont il est l’interlocuteur unique. Aucun autre parole n’a désormais d’autorité politique que la sienne car les autres ne peuvent que la paraphraser ou la contester sans véritable portée institutionnelle ».

Chronique de Wall Street

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Les analystes de Goldman Sachs ont annoncé le 6 août que le montant des rachats d’actions par les entreprises américaines devrait atteindre 1.000 milliards de dollars en 2018, alors que, en dehors des périodes de récession, il oscille depuis vingt ans, entre 400 et 500 milliards de dollars par an. A noter que de plus en plus d’entreprises préfèrent ne pas être cotées (il y en avait 8.025 en 1996, il y en a aujourd’hui 4.100). Ce qui veut dire que Wall Street finance de moins en moins l’économie des Etats-Unis (la bourse mesure de moins en moins la valeur des entreprises puisque les cours sont biaisés par les rachats). Le modèle dominant devient l’entreprise non cotée appartenant à une famille ou à un fonds de capital risque.

La quadrature du cercle budgétaire

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La France est le pays d’Europe qui affiche le plus médiocre taux de croissance, à peine 0,2% au second trimestre ; la France est le pays d’Europe qui bat tous les records en matière de déficit commercial et de balance des paiements ; la France est le pays d’Europe qui affiche le taux d’inflation le plus élevé (2,3% sur un an). La France risque de se trouver incapable de limiter le déficit à 2,3% cette année et en 2019. Réponse de MACRON : « L’inflation est liée à la hausse des prix de l’énergie dans le monde … Il faut rester concentré sur nos réformes économiques et sociales et les résultats vont venir ».

Faut-il craindre le retour de l'inflation ?

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En juillet, l’indice des prix a progressé de 2,1% dans la zone euro. En France, il a bondi de 2,3%, au plus haut depuis six ans. Après avoir lutté contre la menace déflationniste, la zone euro va-t-elle souffrir du mal inverse ? C’est peu probable jugent les économistes qui ne voient pas venir de flambée généralisée des étiquettes. La hausse est surtout alimentée par la remontée des cours du pétrole (augmentation des tarifs des produits pétroliers de 21,8% en juillet). Reste que l’effet sur le pouvoir d’achat et l’épargne ne sera pas ressenti.

L'ère révolue (?) de l'acronyme "GAFA"

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Regrouper Google, Apple, Facebook et Amazon n’a plus de sens tant leurs défis divergent. Les quatre mastodontes américains sont appelés à entrer en concurrence de plus en plus frontale. Pour le professeur LEVEQUE (auteur de « Les habits neufs de la conscience ») « on ne voit pas qui pourrait détrôner les GAFA à moins d’une bataille entre les géants américains et danois ».

Le bio plus performant face aux agressions naturelles

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Réduire l’usage des pesticides serait sans dégâts pour les cultures révèle une étude. L’agriculture biologique favorise la régulation naturelle et la maîtrise des « bioagresseurs » (rongeurs, pathogènes et autres plantes adventices). Ainsi, face aux attaques d’animaux ravageurs, d’agents pathogènes et de plantes adventices, le bio est plus apte à déployer des mécanismes naturels de défense. Selon les chercheurs, l’étude de l’université de Rennes montre que « l’agriculture biologique offre une voie pour réduire l’utilisation des pesticides de synthèse sans pour autant augmenter les niveaux d’infestation par les rongeurs et les pathogènes ». Une conclusion qui interroge sur l’incapacité de la France à « diminuer » sa consommation de produits phytosanitaires.

Rentrée sociale à hauts risques

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comme le montre le panorama des dossiers chauds de la rentrée : 1) l’assurance-chômage avec la négociation d’une nouvelle convention UNEDIC (le but étant d’aboutir à un diagnostic partagé servant de base à l’élaboration d’une lettre de cadrage préparée par le gouvernement ; 2) le plan pauvreté « ne se contentera pas (selon MACRON) de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d’investissement et d’accompa-gnement social, un accompagne-ment réel vers l’activité, la santé, le logement, l’éducation » ; 3) l’hôpital, le plan sera dévoilé à la mi-septembre, le gouvernement veut « corriger et rééquilibrer la tarification de l’activité ; 4) les retraites, naissance d’un nouveau système « universel » au sein duquel chaque euro cotisé donnera les mêmes droits à tous.